Le futur du web : le web sémantique pour éviter le trou noir ?
Le web, a l’image d’une étoile en fin de vie, est-il en train de croître et de consommer toute son énergie avant de s’effondrer sur lui-même et de mourir en laissant un énorme trou noir derrière ?
Source image : wikipédia
En effet, depuis déjà un moment, on entend beaucoup parlé du web2.0 qui a été une révolution à part entière puisqu’il a donné à tout un chacun (c’est à dire à des personnes n’ayant aucune connaissance technique) les moyens de produire du contenu sur Internet. Pour paraphraser Clay Shirky, le web2.0 a été à Internet ce que l’invention de l’imprimerie typographique par Gutenberg a été aux livres.
Seulement voilà, donner à tous les moyens de produire du contenu sur Internet entraîne forcément une croissance exponentielle du volume d’information accessible.
Le web explose ! La conséquence ? Il vient de plus en plus difficile de trouver l’information recherchée, de suivre tout ce qui s’écrit sur tel ou tel domaine/thème.
Face à cela, plusieurs pistes :
- améliorer les filtres (évoqués dans un billet précédent) et notamment grâce à la technologie. Mais c’est une course perdue d’avance (un peu comme la lutte contre le dopage ou la lutte contre les virus informatiques) car on ne fait que réagir à une évolution. On est, de fait, toujours en retard d’un wagon.
- faire évoluer le web vers quelque chose de nouveau qui s’auto-organiserait. C’est le web3.0 ou web sémantique !
En quoi cela nous concerne ?
Parce que nous sommes tous utilisateurs du web et pas seulement comme consommateurs mais aussi comme producteurs : utiliser Facebook, Twitter… et tous les autres réseaux sociaux, avoir un blog, un site Internet… Cela nous classe comme “producteurs” de contenu.
Parce que le défi décrit précédemment concerne aussi, à une autre échelle, les entreprises. Les employés produisent eux-aussi du contenu dans le monde professionnel et que le challenge est, là aussi, de l’exploiter (publier, trier, catégoriser, rechercher…). D’ailleurs le web2.0 a son équivalent dans l’entreprise : l’entreprise2.0 ou E2.0 !
Répondre à la question de la bonne gestion de l’information nous concerne donc tous !
Et… peut-être aussi parce que cela se met déjà en place à “l’insu de notre plein gré” (notamment chez Facebook & Twitter) et que cela peut expliquer certaines évolutions récentes plus ou moins bien accueillies.
Le web sémantique. Le web quoi ?
Web 1.0 / 2.0 / 3.0. Source
Pour faire simple, le web sémantique consiste “à rendre le contenu des ressources du World Wide Web accessible et utilisable par les programmes” (extrait de la définition de Wikipédia). En d’autres termes, de permettre une interprétation par des machines du contenu d’une page web en
- définissant de quoi il s’agit
- identifiant les liens avec d’autres pages (le reste du web)
Exemple :
Un utilisateur de Twitter publie un message. Il crée donc du contenu sur le web (une page) :
Dans ce message, il y a de l’information que le lecteur interprète car il y est, entre autres choses, question de
Eric Schmidt : une personne
Google : une société dont le produit est un outil de recherche sur Internet
Et ces 2 “entités” ont un lien : E. Schmidt est le CEO de Google
Mais cette interprétation est impossible par une machine (un autre site, un ordinateur…) qui n’y voit qu’une suite de 0 & de 1. Elle ne comprend pas de quoi il s’agit.
Sauf si l’on définit dans le message qu’E. Schmidt est une personne, que Google est une société et que le lien entre eux est qu’il en est le CEO, en utilisant ce que l’on appelle des “meta-données” qui sont “cachées” dans le message et qui ne sont qu’à l’intention de machines. Cela permettra aux machines de comprendre :
Qu’Eric Schmidt fait partie de la catégorie “personne” et à des caractéristiques propres à cette catégorie : nom, prénom, sexe, âge, parents, enfants… Cela permettra de faire des liens rapides et directs avec d’autres pages parlant aussi d’une “personne” et dont les caractéristiques sont les mêmes (plutôt que devoir comparer simplement du texte, ce que fait Google quand vous y cherchez quelque chose).
Que Google fait partie de la catégorie “entreprise” et à des caractéristiques propres à cette catégorie : raison sociale, employés, produits…
L’idée est donc, comme le dit Clay Shirky dans la vidéo en fin de ce billet, de “décrire le monde dans des termes qui permettent aux machines de le comprendre”. Tout un programme !

Le web sémantique. Quels obstacles ?
Sans être un spécialiste technique du sujet, je peux d’ores et déjà imaginer la complexité de décrire le monde sous forme de catégories (personnes, sociétés, livres, films…), de caractéristiques et de relations. Sans parler, de l’effort pour spécifier ces données pour chaque “entité”. Mais c’est vraisemblablement un “mal” nécessaire !
Pour finir, une excellente vidéo sur le sujet du web 3.0:
Web 3.0 par Kate Ray sur Vimeo.
Alors, le web est-il condamné ? Ou simplement condamné à évoluer ? Vers Quoi ? Le web 4.0 !
Les quatre web de Joel de Rosnay, du 1.0 au 4.0
envoyé par lfone. - Vidéos des dernières découvertes scientifiques.
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