Faire passer son message : la voie de la surenchère d’effet ou de la zenitude ?
La lutte pour l’attention est un combat de tous les instants et sortir du lot devient de plus en plus difficile. Dans notre ère du multimédia, nous sommes constamment bombardés de messages qui font appel à nos différents sens et celui que ne suit pas ce chemin risque fort de passer inaperçu.
Certains l’ont bien compris :
Merci à François pour m’avoir fait découvrir cette vidéo
Et, pour paraphrasé Darwin, utiliser les outils, techniques et médias de son temps relève vraiment de la survie de notre message :
Seulement voilà, la lutte pour du temps de cerveau disponible fait rage dans tout l’empire et il est souvent difficile de faire le choix entre le côté obscur (surenchère d’effets) ou le côté de la force (simplicité). Il faut dire que la technologie nous pousse souvent du côté obscur car les outils / logiciels sont de plus en plus puissants et permettent de plus en plus de choses évoluées.
Bien sûr, la clé est d’utiliser les nouveaux médias et les nouvelles technologies à bon escient. Le piège dans lequel tombent beaucoup de gens trop attirés par tel ou tel nouveau “gadget” est de faire passer l’effet avant le fond. Dans le domaine de la communication (et dans bien d’autres, comme l’efficacité personnelle), la technologie ne doit être qu’un moyen et non pas une fin en soi.
Quelques exemples d’utilisation réussie et/ou d’outils intéressants
Un des 1ers exemple qui me vient à l’esprit lorsque l’on parle d’utilisation de la technologie comme support d’une communication réussie est Hans Rosling qui, grâce à la technologie, rend la restitution de données à la fois passionnante & mémorable mais surtout abordable. Pour s’en convaincre, voici une des vidéos de TED montrant Hans Rosling à l’oeuvre :
Une autre illustration de nouveaux outils intéressants pour des présentations est Prezi qui recontre pas mal de succès depuis son lancement (en 2009). Le mieux pour comprendre de quoi il s’agit est de le découvrir via cette présentation :
Comme vous le voyez, le rendu est assez surprenant & intéressant. Attention toutefois, il est facile de donner le tourni avec des animations un peu trop virevoltantes. Prezi doit être réservé à des cas où la narration n’est pas linéaire (à l’inverse de PowerPoint où le fil est cousu d’avance : slide 1 /2 /3 …). L’intérêt de Prezi est de pouvoir naviguer entre le global et le détail de façon non linéaire.
La voie de la simplicité…
Pour ma part, plutôt que de rechercher un effet de surprise du fait de la technologie, j’ai fait le choix de la simplicité et du “zen”, comme évoqué à plusieurs reprises dans des billets précédents & dans le eBook “Révolutionner vos présentations”.
Bien sûr, cela ne veut pas dire que je ne fais pas appel, de temps en temps, à des effets pour surprendre mais cela se fait globalement de plus en plus rare. Un exemple ? Dans le cadre de mon activité professionnelle, la plupart de mes présentations contiennent des graphiques et j’ai eu, moi aussi, ma période “je vous en mets plein les yeux”. J’avais, grâce à un collègue, découvert le logiciel Swiff Chart qui permet de créer des graphiques animés en flash que l’on peut inclure dans des slides. Effet garanti ! Seulement voilà, la forme l’emportait sur le fond et les questions que j’avais à l’issue de mes présentations étaient du genre “mais, comment fais-tu pour faire ces graphiques animés ?” ou “il faut absolument que tu me dises quel logiciel tu utilises pour tes graphiques, je veux faire pareil…”. On ne me questionnait pas sur les chiffres, sur leur signification mais uniquement sur la technique utilisée pour produire les graphiques…
J’ai donc changé mon approche pour focaliser l’attention sur le message et non plus sur la forme. J’utilise toujours le même logiciel, Swiff Chart, pour mettre en forme les graphiques mais je les ajoute sous forme d’images (donc statiques, pas d’effets) plutôt que de flash. En effet :
- les graphiques réalisés avec Swiff Chart sont globalement plus agréables à l’oeil que ceux copiés/collés depuis Excel ce qui permet une meilleure lisibilité
- le fait de les intégrer sous forme d’image permet d’introduire le graphique par “morceaux” pour expliquer ce qu’il représente (axe X puis axe Y puis série 1 puis série 2…)
En conclusion, il faut faire appel aux techniques / procédés utilisés par le monde de la com’ car, plus que la recherche du “look”, la justification “scientifique” de l’intérêt d’une communication multi-média n’est plus à faire (sinon voir là & là). Mais il faut le faire avec modération, sans tomber dans l’excès, la surenchère d’effets ou de technologie car le risque est grand de s’y perdre…
Note: rendons à César ce qui est à César, la parabole avec Star Wars dont ce billet s’inspire me vient de Garr Reynolds (PresentationZen) qui était récemment à Paris pour un séminaire auquel j’ai eu la chance d’assister.
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