Prédire l’avenir : la sagesse des foules plus forte que la boule de cristal
Le concept de l’entreprise 2.0 repose notamment sur le principe que l’union fait la force : la collaboration étendue en est un des piliers. Pas étonnant donc que la technologie soit un vecteur voire un catalyseur de cette collaboration. Evidemment, toute initiative 2.0 qui ne se concentrerait que sur la technologie sans s’attaquer à la mentalité et les comportements qui vont avec l’entreprise 2.0 sera vouée à l’échec.
Dès que l’on parle de technologie et de collaboration, un des moyens le plus souvent évoqué touche aux réseaux sociaux (même si l’entreprise 2.0 va au delà de l’aspect réseautage) et ces mêmes réseaux sociaux peuvent aussi apporter dans d’autres domaines comme la gestion du changement et, c’est le propos de ce billet, pour prédire l’avenir !
Les réseaux sociaux, la boule de cristal 2.0 ?
Si l’on en croit des études récentes sur Twitter, la réponse est oui ! Le principe évoqué dans l’article est proche de celui des marchés prédictifs qui reposent sur des principes relativement simples :
Une question simple du type : “qui va gagner les élections ?” ou “quelle sera la valeur de l’action de la société X le prochain trimestre ?”…
Des parieurs qui misent de l’argent sur un résultat
Un résultat très souvent proche de la réalité
Pourquoi cela marche ?
Le “piment” est l’argent. En effet, chaque parieur va tenter de “deviner” quelle pourra être la réponse à la questionposée non pas sur son opinion personnelle (ce qui est le cas des sondages) mais en prenant en compte un certain nombre de facteurs pour arriver à la réponse la plus probable. Et c’est là que l’effet de la foule (c’est à dire du grand nombre) a un impact car la somme des parieurs aura pris en compte un grand nombre de facteurs, bien plus ce qu’aurait une personne seule. Le cumul des paris est donc une pondération d’un grand nombre de facteurs et de données. On peut donc parler d’une sagesse de la foule qui arrive à un résultat “collectif” bien meilleur que ce qu’aurait été celui d’une seule personne.
Bien sûr, sur les réseaux sociaux pas de paris. Mais un effet de masse indéniable et utiliser cette information peut permettre, dans certains cas, de prédire certains phénomènes.
Quelles applications en entreprise ?
Les exemples de marché prédictifs les plus connus ne sont pas dans le domaine de l’entreprise mais du cinéma, de la politique & dans bien d’autres domaines qui touchent le plus grand nombre (rappel, le plus de parieurs meilleur le résultat). Mais les marchés prédictifs peuvent faire partie des outils des entreprises, tout comme d’autres outils de “crowdsourcing” qui permettent à l’entreprise de s’enrichir de points de vue externes (externes signifiant “en dehors des sphères de décision habituelle”, certains exemples reposant sur une implication des collaborateurs et pas forcément de tout-un-chacun). D’ailleurs, bon nombre d’entreprises font appel à ces marchés prédictifs (et notamment des françaises) pour mieux cibler leur développement.
Pour ce qui est des réseaux sociaux, leur utilisation pour “prédire l’avenir” peut s’appliquer entre autres à :
- Prédire une évolution des ventes, de la cotation boursière… en rapport avec le sentiment général quant à l’entreprise, ses produits, sa stratégie… en analysant l’humeur sur les réseaux. Si si, il y a des outils pour ça, voir notamment ici et là.
- Anticiper les tendances en détectant les nouvelles modes en suivant ce que font/disent les “early adopters”
…
Ces exemples relèvent du domaine de l’intelligence économique qui connaît un âge d’or du fait des réseaux sociaux. En effet, les réseaux sociaux permettent à un grand nombre de personnes de s’exprimer et donc à d’autres d’écouter ce qu’il se dit alors qu’avant il était beaucoup plus compliqué de capter ces signaux.
Les limites de l’exercice ?
Tout d’abord la représentativité : les personnes présentes sur les réseaux sociaux ne sont pas, pour l’instant, forcément représentatives de l’ensemble de la population, les résultats peuvent donc être biaisés. Mais cela peut être négligeable dans certains domaines, par exemple le domaine de la technologie.
Viens ensuite l’engagement. C’est notamment très important pour des initiatives reposant uniquement sur des contributions internes à une entreprise. Tout repose sur le fait que les personnes (le plus grand nombre) contribuent et apportent leur vision honnête des choses. Encore faut-il avoir envie de s’impliquer et confiance (note sur ce dernier lien, le livre de Martin Roulleaux-Dugage devait se nommer “le prix de la confiance” mais il a finalement été publié sous un autre titre) pour parler franchement.
Pour partager ce billet :
Blog présentant des outils, méthodes et sources d'informations pour se simplifier la vie, être zen et accroître son efficacité personnelle.