Facebook, twitter, yammer… pollution ou outil de productivité ?



Un article dans le dernier Wired sur le sujet m’a fait réfléchir à cet aspect des réseaux sociaux. Il s’agit ici de l’utilisation de sites tels que Facebook, Twitter, Yammer… dans le cadre professionnel. Sont-ils à l’origine d’une baisse de productivité ou, au contraire, favorisent-ils la créativité ?
Quelques chiffres…
D’après l’article, le temps passé sur Facebook, Twitter… est estimé à :
- 1.5% de baisse de productivité
- 2.2 milliards de dollar au Royaume-Uni pour les entreprises anglaises
Bien sûr, on assimile ce temps passé à du temps perdu donc à un coût pour les entreprises.
Mais est-ce réellement un coût ? Ou, au contraire ce temps passé sur les réseaux sociaux peut-il être profitable à l’entreprise ?
Temps perdu ou temps gagné, un dangereux équilibre ?
D’autre statistiques existent sur le temps perdu à cause d’interruptions dont l’origine peut être multiple: notifications de nouveaux emails, collègues qui passent dans le bureau, notifications d’un nouveau tweet, flux RSS…
“Une étude de l’Institut de Psychiatrie de l’Université de Londres affirme que votre QI descend de 10 points lorsque vous êtes constamment interrompu par des emails, SMS, appels téléphoniques… Un chiffre équivalent aux conséquences d’une nuit blanche…” - YogaJournal, p. 22, 12/2005
“Une étude a démontré qu’un employé ne consacre en moyenne que 11 minutes à une tâche avant d’être interrompu (téléphone, email, collègues…). Les résultats des études des chercheurs Gloria Mark & Victor Gonsalez de l’Université de Californie à Irvine, ont montré qu’il faut ensuite 25 minutes à une personne pour revenir à sa tâche initiale après une interruption…” - Houston Chronicle, 2/27/2006)
Si on considère ces réseaux sociaux sous l’angle d’interruptions intempestives alors la réponse à la question est très clairement : OUI, ils font perdre du temps…
Par contre, au-delà de l’interruption intempestive (à cause des notifications…), les réseaux sociaux peuvent être source de gains de productivité si on considère d’autres statistiques :
“Une enquête faite au près de 1000 managers dans des grandes entreprises aux USA et en UK a montré que 59% d’entre eux n’arrivent pas à accéder à des données importantes et nécessaires (bien que l’information existe quelque part au sein de leur entreprise) simplement parce qu’ils n’arrivent pas à la trouver.” - Accenture, Wall Street Journal, 14/05/2007
“Les managers perdent en moyenne 6 semaines par an à chercher des documents perdus.” Tiré d’une enquête ciblant 2600 managers faite par Esselte, fabricant de Pendaflex & Dymo, FastCompany Magazine, 8/2004
En effet, pour le “knowledge worker” (“travailleur de la connaissance”, terme inventé par Peter Drucker), l’accès à l’information est crucial et le recours aux réseaux sociaux peut s’avérer décisif pour obtenir rapidement une information.
En plus, de ces gains en terme de recherche/partage d’informations, il y a aussi la bouffée d’oxygène qu’ils peuvent représenter. Une pause peut permettre de recharger les batteries et la faire sur les réseaux sociaux (lecture de tweets, de statut Facebook…) peut s’avérer une source d’inspiration et de créativité en nous exposant à des choses nouvelles qui, dans le contexte du travail, peuvent nous aider à solutionner un problème par exemple. Nombre d’inventions ont été créées grâce à ce type de situation (pensez à la pomme de Newton…).
Au final, le bilan ?
Il s’agit de maîtriser le temps que l’on y consacre !
Je pense que, mal gérés, les réseaux sociaux peuvent être une vraie source de perte d’efficacité. Pour maîtriser les travers potentiels, je suggère :
- de ne pas les consulter à tout moment et de couper tout système de notifications de nouveaux évènements (cela vaut aussi pour les emails!) afin de ne pas être perturbé par ces messages et interrompu au milieu d’une tâche
- intégrer du temps dans son planning journalier pour consulter les réseaux sociaux, l’idéal étant une plage horaire fixe dans la journée (pour moi, c’est le matin en arrivant, après le repas de midi). 10 minutes suffisent. On peut aussi profiter des transports en commun en consultant ces réseaux sur son mobile.
- savoir que l’on ne peut pas tout suivre ou répondre à tout. Il faut faire avec et l’accepter.
- sélectionner les réseaux sociaux que l’on utilise dans le cadre du travail pour n’activer que ceux qui constitueraient un plus potentiel (Yammer par exemple, puisque que le principe est de créer un réseau entre employés d’une même entreprise)
Bien sûr, certaines professions (“community management”, veille…) reposent beaucoup sur ces réseaux sociaux et les interruptions mentionnées plus haut font, dans ce cas là, partie intégrante du travail…
Et vous, vous gérez ça comment ?
PS: Pour plus de statistiques sur la gestion du temps, l’organisation personnelle, c’est par là.
Pour partager ce billet :
Blog présentant des outils, méthodes et sources d'informations pour se simplifier la vie, être zen et accroître son efficacité personnelle.