Notre cerveau : un grand spécialiste du moindre effort
Une petite expérience : que voyez-vous au milieu de l’image ci-dessous ?

Si tout va bien, vous voyez le chiffre 13. Maintenant, que voyez-vous sur cette nouvelle image :

Au 1er abord, vous voyez un B… et pourtant, en y regardant de plus près, le “signe” sur les 2 images est exactement le même.
Cette illusion est tirée du blog “mighty optical illusion” qui la montre sous une forme d’image animée qui est encore plus éloquente et impressionnante.
B ou 13, que se passe-t-il ?
Notre cerveau est… un faignant ! Eh oui, cela peut un peu surprendre mais notre cerveau est un grand spécialiste du moindre effort. Et cela peut lui jouer des tours, comme sur les images précédentes. En effet, si ce que je vois est entouré de chiffre alors ça doit être un chiffre… d’où la réponse “13” sur la 1ère image. Par contre si le même signe est entouré de lettre, la facilité est de prédire que le signe est aussi une lettre… D’où la réponse “B” sur la 2ème image.
Notre cerveau est influencé par le contexte et interprète ce qu’il voit à la lumière de ce contexte. De plus, il essaye aussi de rapprocher ce qu’il voit d’expériences précédentes. C’est beaucoup plus facile & rapide que d’analyser complètement chaque situation. Combien de fois avons-nous vu des séries de chiffres et de lettres… il est donc “normal” que les images précédentes soient interprétées comme cela.
Pourquoi notre cerveau a-t-il tendance à tirer des conclusions quelque fois hâtives ?
Plusieurs explications… la 1ère : il s’agit d’un principe d’économie d’énergie. La 2ème, un principe de survie, héritage de nos ancêtres.
Principe d’économie d’énergie ?
La cerveau est un organe gourmand en énergie : il représente environ 2% de notre poids mais consomme 20% de nos besoins en énergie. On peut donc facilement comprendre pourquoi notre cerveau essaye donc de limiter sa consommation d’énergie en limitant l’effort nécessaire pour analyser / décrypter une situation en tentant de la rapprocher d’expériences que nous avons déjà vécues. Il est moins coûteux de se rappeler, d’aller chercher dans la mémoire que d’analyser.
Principe de survie ?
Nos ancêtres (période préhistoire) qui vivaient à une époque où il s’agissait de manger ou d’être mangé, ont du donc rapidement apprendre à analyser une situation nouvelle mais ressemblant fortement à une expérience passée. Dans bien des cas, il s’agissait d’anticiper pour pouvoir survivre !
L’évolution a fait le reste : ceux qui “gambergeaient” trop se sont fait manger… Ceux de nos ancêtres qui ont survécu étaient ceux qui décidaient le plus rapidement, quitte à prendre des raccourcis.
B ou 13, quelles conséquences ?
Ce fonctionnement du cerveau, héritage de notre passé, peut encore nous sauver la vie. Mais il faut tout de même avouer que, aujourd’hui, notre vie n’a plus rien à voir avec celle de nos ancêtres : le risque de se trouver face à face avec un tigre à dents de sabre est relativement faible, alors que cela pouvait être relativement commun à cette époque.
Pourtant, ce mécanisme est toujours présent, et il explique un bon nombre de nos réactions. Lorsque nous vivons une expérience nouvelle :
- le cerveau va fouiller dans notre mémoire pour identifier une expérience proche que nous aurions vécue précédemment
- une fois une expérience antérieure identifiée, il va nous faire revenir en mémoire la réaction / réponse que l’on a eu à l’époque
- notre réaction “instinctive” sera donc conforme ou proche à celle que nous avions eu à l’époque de l’expérience précédente
D’ailleurs, combien de fois, confronté à une situation totalement nouvelle, avez-vous eu ce sentiment bizarre “d’avoir déjà vécu ça” sans pour autant pouvoir clairement vous souvenir sur quoi est fondé ce sentiment…
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